Blog · 16 août 2026

Au bout de la passerelle, l'Adriatique

Il y a des endroits que l'on visite. Et d'autres qui changent simplement notre rythme. Pour moi, l'Adriatique fait partie de ceux-là.

Portrait illustré de Leandro

Par Leandro

Tra monti e mare

Illustration d'un homme de dos avançant sur la passerelle en bois d'un trabocco face au coucher du soleil sur l'Adriatique.

Il y a un moment que j'aime particulièrement sur la Costa dei Trabocchi.

Celui où l'on pose le pied sur la passerelle.

Derrière nous, il y a encore la côte. Devant, l'Adriatique.

On avance sur ces longues planches de bois et, mètre après mètre, quelque chose change. Les bruits de la terre s'éloignent. On entend davantage l'eau sous nos pieds, le vent, parfois le bois qui travaille.

Puis on arrive au bout.

La mer est devant nous, derrière nous, sous nos pieds.

Et presque naturellement, on respire différemment.

Cette mer a une énergie particulière

J'ai grandi dans les Abruzzes et, comme souvent avec les endroits que l'on connaît depuis toujours, il a fallu que je parte pour comprendre ce qu'ils m'apportaient.

Aujourd'hui, lorsque je reviens, je ressens très vite cette différence.

Je ralentis.

Je ne sais pas s'il faut vraiment parler d'« énergie ». Je sais simplement ce que cette mer provoque chez moi.

L'horizon dégage l'espace. Le bruit régulier de l'eau apaise. La lumière de l'Adriatique change constamment. Et lorsqu'on reste suffisamment longtemps face à elle, on finit par arrêter de chercher ce que l'on pourrait faire ensuite.

On est simplement bien là.

C'est peut-être aussi cela, se ressourcer.

Pas nécessairement partir loin, s'isoler ou organiser une retraite.

Parfois, il suffit de retrouver de l'espace, du silence et du temps.

Les Trabocchi permettent d'aller encore un peu plus loin

C'est probablement pour cela que j'aime autant les Trabocchi.

À l'origine, ces constructions n'avaient rien de touristique. Ce sont des machines de pêche, imaginées pour permettre aux hommes de travailler avec la mer sans avoir besoin de partir au large.

Elles sont faites de bois, de cordages, de passerelles et de longs bras qui soutiennent les filets.

Elles semblent fragiles face à l'immensité de l'Adriatique.

Et pourtant elles sont là.

Aujourd'hui, certaines sont devenues des restaurants. On peut traverser leur passerelle, s'installer au-dessus de l'eau et laisser le déjeuner durer.

Et là encore, le temps ne fonctionne plus tout à fait de la même manière.

On mange du poisson. On ouvre une bouteille de vin des Abruzzes. On regarde la lumière bouger sur l'eau. On parle. On reste.

Il n'y a rien d'extraordinairement compliqué dans cette expérience.

C'est justement ce qui la rend précieuse.

C'est aussi cela, les Abruzzes

Quand on présente ma région, on parle souvent de ses montagnes, de ses parcs nationaux, de ses villages, de ses châteaux ou de ses plages.

Tout cela est vrai.

Mais les Abruzzes que j'ai envie de faire découvrir sont aussi faites de sensations.

Prendre une route de montagne sans être pressé d'arriver.

Déjeuner sous les arbres pendant une grigliata qui devait durer deux heures et qui en dure cinq.

Regarder ses enfants jouer sur une plage.

Marcher dans une forêt.

S'arrêter parce que la lumière est belle.

Ou avancer sur une passerelle jusqu'à ce que la terre soit suffisamment loin derrière soi.

C'est peut-être pour cela que je trouve cette région si ressourçante.

Ici, entre les montagnes et l'Adriatique, il reste de la place pour ralentir.

Alors, allez jusqu'au bout

Si vous venez sur la Costa dei Trabocchi, ne vous contentez pas de photographier ces étranges constructions depuis la côte.

Prenez la Via Verde.

Arrêtez-vous.

Descendez vers la mer.

Et si vous en avez l'occasion, traversez une passerelle.

Allez jusqu'au bout.

Asseyez-vous.

Regardez l'Adriatique.

Et ne cherchez pas immédiatement ce qu'il faut faire après.

C'est peut-être précisément à ce moment-là que vous commencerez à comprendre les Abruzzes dont je vous parle.

Leandro

Destination Abruzzes · Tra monti e mare

Costa dei Trabocchi, notre carnet illustré

L'histoire de ces étranges machines de pêche, la Via Verde, les familles qui les ont fait vivre, la cuisine de l'Adriatique et l'expérience d'un repas suspendu au-dessus de la mer.

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