Château
Roccascalegna · Province de Chieti
Vous venez avec des enfants ?
Transformez la visite en aventure : missions, quiz et blason à débloquer.
En 2015, Matteo Garrone choisit Roccascalegna comme décor de Tale of Tales (Il racconto dei racconti), son film fantastique avec Salma Hayek, Vincent Cassel, Toby Jones et John C. Reilly : le château y devient le royaume de Roccaforte, associé au personnage joué par Vincent Cassel. Sa silhouette a aussi servi de décor à la série Le Nom de la rose (2019), selon l'Abruzzo Film Commission.
Une forteresse accrochée à la roche, une tour disparue, une main ensanglantée que personne n'aurait réussi à effacer, et un décor tellement irréel que le cinéma en a fait un royaume fantastique.
Contrairement à Rocca Calascio, dont la puissance vient beaucoup du paysage qui l'entoure, Roccascalegna est spectaculaire par sa construction elle-même.
Le château épouse un éperon rocheux extrêmement étroit, au-dessus du vallon du Rio Secco et de la vallée du Sangro. De certains angles, on a presque l'impression que la roche et les murailles constituent une seule structure.
Deux promesses, deux châteaux : Rocca Calascio, un château au-dessus des nuages. Roccascalegna, un château au bord du vide.
Les premières mentions connues du site remontent au XIIe siècle, mais la forteresse serait plus ancienne.
Une hypothèse avancée par la commune situe une première installation vers le IXe siècle, liée à l'abbaye de San Pancrazio, avec pour objectif de surveiller les arrivées aussi bien depuis la mer que depuis la montagne — littéralement entre monti et mare.
Le plan actuel résulte de plusieurs siècles de transformations : phases normande-souabe, souabe-angevine, angevine-aragonaise, puis les périodes des familles Annecchino, Carafa, Corvi et Nanni.
À la fin du XVe siècle et au début du XVIe, l'arrivée des armes à feu impose une adaptation des fortifications : certaines tours sont arrondies pour mieux résister aux tirs.
Sous les Carafa (1531-1600), le château devient plus habitable et la chapelle du Santissimo Rosario est construite en 1577.
Le saviez-vous ? Regardez bien les tours du château : leur forme raconte l'arrivée de la poudre à canon en Europe.
Avant même la légende la plus célèbre du château, une histoire bien réelle de révolte est rapportée par la tradition historique locale.
Le seigneur Orazio Carafa aurait opprimé les habitants de Roccascalegna. Le 15 octobre 1584, ceux-ci se seraient soulevés et, aidés par le prêtre du village, l'auraient tué.
Cet épisode a peut-être nourri le terreau narratif dans lequel la légende suivante, bien plus célèbre, s'est développée soixante ans plus tard.
En 1646, la tradition raconte que le baron Corvo de Corvis imposait aux habitants un droit féodal, permettant au seigneur de passer la nuit de noces avec les jeunes mariées de son fief.
Mais un jour, quelqu'un décide de l'arrêter. Le baron est tué. Avant de mourir, il pose sa main ensanglantée contre le mur de la tour, et son empreinte serait restée visible.
On aurait tenté de la nettoyer. Elle serait toujours réapparue.
La tradition affirme que cette « main de sang » resta visible jusqu'à l'effondrement de la grande tour en 1940. Certaines personnes âgées du village affirmaient encore l'avoir vue.
Ce que l'on peut affirmer La famille Corvo/de Corvis est bien associée à Roccascalegna au XVIIe siècle — c'est attesté. En revanche, le droit féodal évoqué ne peut pas être présenté comme une pratique historiquement établie : le site officiel du château lui-même reconnaît qu'il est difficile de déterminer si une telle pratique a réellement existé.
Ce qui rend cette histoire encore plus forte : la tour de la légende n'existe plus.
Jusqu'au XXe siècle, le château comptait cinq tours : quatre circulaires et une quadrangulaire. Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1940, la grande tour circulaire située près de l'entrée s'effondre. C'est précisément dans cette tour que la tradition situait l'histoire de la main sanglante.
Aujourd'hui, elle n'existe plus.
À partir du XVIIIe siècle, le château perd son rôle résidentiel. Les Nanni préfèrent un palais plus confortable, plus bas dans le village. La forteresse devient secondaire, peu entretenue, et se dégrade progressivement.
Puis, en 1985, un geste rare : la famille Croce Nanni, dernière propriétaire héritière de l'ancien système féodal, fait don du château à la commune de Roccascalegna.
D'importants travaux de restauration sont engagés et aboutissent dans les années 1990. Précision importante : les couvertures ont été reconstruites, mais les restaurateurs n'ont pas inventé de nouvelles parties du château — ce que l'on visite aujourd'hui reste fidèle à ce qui existait.
Près de l'entrée, un portail de pierre est décoré d'un cœur gravé à l'envers.
L'objet est attesté par la Région, mais aucune source fiable ne confirme d'interprétation romantique ou ésotérique : on présente le fait, pas une signification inventée.
La Rocca est relativement petite. C'est précisément ce qui permet de comprendre facilement son architecture.
Croquis architectural
Castello di Roccascalegna, XIe-XVe siècle.
Protège l'entrée du château.
Tour carrée au point culminant, dotée de créneaux guelfes.
Construite en 1577, sous les Carafa.
Permettait la récupération des eaux de pluie.
D'autres éléments jalonnent aussi le parcours de visite :
Une jolie explication populaire circule : Rocca + scala + legna, soit « forteresse à l'échelle de bois ». La tradition raconte qu'une échelle de bois permettait autrefois d'accéder à la tour — une échelle apparaît d'ailleurs sur les armoiries communales.
L'hypothèse linguistique considérée comme plus sérieuse rattache plutôt Scalegna à un terme évoquant le flanc escarpé d'une montagne.
Les deux versions valent d'être racontées : la populaire pour le charme, la linguistique pour l'honnêteté éditoriale.







Coordonnées, réseaux et modalités de réservation relevés sur les fiches publiques (établissement Google, site officiel), à reconfirmer auprès du prestataire avant votre visite, ces informations pouvant changer.
Âges conseillés