Vous préparez un voyage dans les Dolomites cet été ?
Vous avez probablement déjà enregistré quelques images : les Tre Cime di Lavaredo au lever du soleil, les barques en bois du Lago di Braies, la crête de Seceda, les prairies de l'Alpe di Siusi, les routes qui serpentent entre les immenses parois rocheuses.
Et il faut commencer par le dire : les Dolomites sont extraordinaires. Si elles attirent autant de voyageurs, ce n'est pas seulement à cause d'Instagram.
Mais leur succès a une conséquence : voyager dans les Dolomites en juillet et en août demande aujourd'hui beaucoup plus d'organisation qu'il y a quelques années.
Est-ce précisément les Dolomites que vous recherchez… ou la montagne italienne ?
Parce que 500 kilomètres plus au sud existe une région encore étonnamment peu connue des voyageurs français : les Abruzzes.
Les Dolomites sont-elles vraiment saturées en été ?
Pas partout. Et cette nuance est importante.
Parler de « Dolomites saturées » dans leur ensemble serait faux : le massif est immense et il est encore parfaitement possible d'y trouver des randonnées tranquilles en s'éloignant des quelques lieux devenus mondialement célèbres.
Le problème est plutôt une concentration spectaculaire des visiteurs sur certains spots : Tre Cime di Lavaredo, Lago di Braies, Seceda, certains cols et quelques panoramas devenus incontournables sur les réseaux sociaux.
Mais ce sont précisément ces endroits que la majorité des voyageurs venant pour la première fois veulent découvrir.
Et l'été 2026 l'a encore montré
Fin juillet, les Tre Cime di Lavaredo ont fait parler d'elles après la diffusion d'images montrant d'importantes files de visiteurs attendant les navettes. Malgré les mesures déjà prises pour limiter les accès et favoriser les réservations, les responsables locaux évoquaient une fréquentation record.
Ailleurs, les données publiques de stationnement donnent une idée très concrète de la pression estivale. Au Passo Sella, le parking était complet 24 jours sur 31 en juillet et, pendant les six premiers jours d'août observés, chaque jour. En août, il affichait complet en moyenne dès 7 h 42.
Autrement dit : partir en semaine ne suffit même plus nécessairement.
Instagram a changé notre façon de visiter la montagne
L'histoire la plus révélatrice de l'été 2026 ne concerne pourtant ni un sommet ni un lac. Elle concerne… un beignet.
Le refuge Friedrich August, dans le Val di Fassa, servait depuis des décennies ses krapfen. Puis les réseaux sociaux s'en sont emparés. Des vidéos montrant la pâtisserie devant les Dolomites sont devenues virales et des centaines de personnes ont commencé à converger vers le refuge.
Nous ne choisissons plus seulement une destination. Nous choisissons parfois une collection d'images à reproduire.
Et si vous changiez complètement de logique ?
Je suis né dans les Abruzzes. Aujourd'hui je vis en France, mais je reviens plusieurs fois par an dans ma région avec ma famille.
Et lorsque je vois cet engouement pour les Dolomites, je comprends parfaitement ce qui attire les voyageurs français : la montagne, les grands espaces, les routes panoramiques, les villages, la cuisine italienne après une journée dehors.
Tout cela existe aussi chez moi. Mais les Abruzzes ne sont pas une copie moins connue des Dolomites.
Gran Sasso : l'autre visage de la haute montagne italienne
Commencez par chercher deux mots : Gran Sasso.
Vous découvrirez un massif beaucoup plus minéral et sauvage que l'image traditionnelle que l'on se fait de l'Italie centrale. Son sommet, le Corno Grande, atteint 2 912 mètres : c'est le point culminant des Apennins.
À ses pieds s'étend l'immense plateau de Campo Imperatore.
Ici, le paysage change complètement. Plus de chalets tyroliens. Une route traverse des kilomètres de prairies d'altitude entourées de montagnes. Des troupeaux. Quelques refuges. Des villages de pierre au loin.
Et cette impression assez rare en Europe occidentale d'avoir soudain énormément d'espace autour de soi.
Vous aviez enregistré Tre Cime ? Regardez Campo Imperatore
Ce n'est pas un équivalent. Les silhouettes des Tre Cime sont uniques.
Mais si ce qui vous attire est la puissance d'un grand paysage minéral, Campo Imperatore mérite sérieusement votre attention.
Et surtout, on ne vient pas uniquement photographier un sommet. On traverse le territoire. On s'arrête. On marche. On mange parfois quelques arrosticini au milieu du plateau. Puis on reprend la route.
Rocca Calascio : le château posé dans la montagne
À près de 1 500 mètres d'altitude, Rocca Calascio surgit au-dessus des montagnes : une forteresse de pierre, un ancien village, l'église octogonale de Santa Maria della Pietà et, autour, le Gran Sasso.
Ce lieu commence lui aussi à devenir célèbre. Il a servi de décor à plusieurs films et sa silhouette est extrêmement photogénique.
Mais Rocca Calascio est surtout intéressante parce qu'elle permet de comprendre quelque chose des Abruzzes : ici, la montagne et les villages ne sont jamais vraiment séparés.
On peut passer de Campo Imperatore à Santo Stefano di Sessanio puis à Rocca Calascio dans la même journée.
Vous aviez enregistré Lago di Braies ? Regardez Scanno
Le Lago di Braies est probablement l'un des lacs les plus photographiés d'Europe. Ses eaux émeraude et ses barques en bois sont magnifiques.
Dans les Abruzzes, je vous emmènerais plutôt au Lago di Scanno. Pas parce que les deux lacs se ressemblent, mais parce qu'ici encore, l'intérêt ne s'arrête pas au paysage.
Quelques minutes plus loin se trouve Scanno, l'un de ces villages italiens où le meilleur programme consiste parfois simplement à marcher : ruelles, escaliers, maisons de pierre, petites places, cafés.
Et cette Italie quotidienne qui disparaît parfois derrière les grands spots touristiques.
Mais les Abruzzes possèdent quelque chose que les Dolomites ne peuvent pas offrir
La mer.
C'est probablement la raison pour laquelle je ne présenterais jamais les Abruzzes uniquement comme une destination de montagne.
Imaginez votre voyage : Jour 1, Gran Sasso. Jour 2, Campo Imperatore et Rocca Calascio. Jour 3, villages et cuisine de montagne.
Puis vous descendez vers l'est. Et le paysage s'ouvre. Devant vous apparaît l'Adriatique.
De la montagne à la mer Adriatique
La côte des Abruzzes possède elle aussi son paysage emblématique : les trabocchi.
Ce sont d'anciennes machines de pêche construites sur pilotis au-dessus de la mer. Certaines sont devenues des restaurants. D'autres restent des témoins de l'histoire maritime locale.
Après plusieurs jours de montagne, vous pouvez vous retrouver face à l'Adriatique avec du poisson dans l'assiette et un verre de vin blanc.
Montagne → village → table → mer. C'est cette combinaison qui rend les Abruzzes difficiles à comparer avec les Dolomites.
Et puis il y a ce qu'on mange
Je suis ancien cuisinier. Donc évidemment, je ne peux pas vous parler de ma région sans parler de ça.
Dans les Abruzzes, le paysage raconte aussi ce qu'il y a dans l'assiette. L'élevage et la transhumance ont profondément marqué la cuisine de montagne.
Les arrosticini, petites brochettes traditionnellement préparées avec de la viande ovine, en sont probablement l'exemple le plus connu.
Mais il y a aussi les fromages, les pâtes, les charcuteries, la porchetta, puis, en descendant vers la côte, toute la cuisine de l'Adriatique.
Personnellement, c'est comme cela que j'aime faire découvrir les Abruzzes : pas comme une succession de lieux à photographier, mais comme une région à vivre.
Alors : Dolomites ou Abruzzes ?
Je vais probablement vous surprendre.
Si vous rêvez des Dolomites, allez dans les Dolomites.
Les Tre Cime méritent d'être vues. Le Lago di Braies aussi.
Le problème n'est pas leur popularité. Le problème commence lorsqu'on confond voir les Dolomites et reproduire exactement le même itinéraire que tout le monde.
Vous pouvez parfaitement sortir des hotspots et découvrir une autre partie du massif.
Mais si vos recherches sur la foule, les réservations ou le prix des hébergements commencent à vous faire hésiter, alors les Abruzzes constituent une vraie alternative.
Pas pour retrouver exactement les mêmes paysages.
Pour retrouver ce que vous étiez peut-être venu chercher : la montagne italienne. Avec beaucoup d'espace. Des villages. Une cuisine profondément liée au territoire. Et, quelques dizaines de kilomètres plus loin, la mer.
Et si vos 7 jours dans les Dolomites devenaient 7 jours dans les Abruzzes ?
Pas une liste des « 10 spots Instagram incontournables ». Un vrai itinéraire, du Gran Sasso jusqu'à l'Adriatique, avec les endroits où s'arrêter, où manger, combien de temps rester et les détours qui valent réellement le coup.
Envie de construire votre propre itinéraire ?
Du Gran Sasso à l'Adriatique, en passant par les villages perchés et les trabocchi : composez votre parcours dans les Abruzzes à partir des lieux qui vous font envie.
Bienvenue dans les Abruzzes.
Sources : informations officielles du tourisme du Sud-Tyrol, Abruzzo Turismo, Parc national des Abruzzes-Latium-Molise, données et presse 2026 sur l'affluence estivale des Dolomites.