Comprendre les Abruzzes
Pourquoi visiter les Abruzzes ?
Les Abruzzes sont une Italie que l'on ne s'attend plus vraiment à trouver.
À moins de deux heures de Rome, la région s'étend des plus hauts sommets des Apennins jusqu'à l'Adriatique. Entre les deux : des plateaux immenses, des forêts, des villages de pierre accrochés aux montagnes, des lacs, des cascades, des forteresses, des oliveraies et des routes qui semblent parfois ne mener nulle part.
Ici, les distances sont courtes mais les paysages changent sans cesse.
On peut se réveiller au pied du Gran Sasso, traverser Campo Imperatore au milieu des chevaux, déjeuner d'arrosticini dans un village et terminer la journée pieds nus dans l'Adriatique.
C'est peut-être cela, avant tout, les Abruzzes : une région où l'on n'a pas besoin de choisir entre la montagne et la mer.
Une Italie profondément sauvage
Dans les Abruzzes, la nature n'est jamais très loin.
Trois parcs nationaux, un parc régional et de nombreuses réserves protègent une partie remarquable du territoire. Ici vivent encore le loup des Apennins, le chamois des Abruzzes et le très rare ours brun marsicain.
Au-dessus de tout cela se dresse le Gran Sasso.
Son sommet, le Corno Grande, atteint 2 912 mètres. À ses pieds s'étend Campo Imperatore, un immense plateau d'altitude où la route disparaît parfois entre les montagnes. Des troupeaux traversent les prairies, les chevaux pâturent en liberté et les villages semblent soudain très loin.
On surnomme parfois cet endroit le « petit Tibet » italien.
Plus au sud, la Majella offre une montagne différente, plus secrète. Des forêts profondes, des gorges, des cascades et des ermitages creusés dans la roche où des hommes sont venus chercher le silence pendant des siècles.
Dans les Abruzzes, la nature ne sert pas simplement de décor.
Elle donne le rythme du voyage.
Des villages de pierre suspendus dans le temps
Puis apparaissent les villages.
Santo Stefano di Sessanio surgit au milieu des montagnes, avec ses maisons de pierre, ses passages voûtés et ses ruelles si étroites que l'on finit naturellement par abandonner la voiture.
Un peu plus loin, Rocca Calascio domine les Apennins à près de 1 500 mètres d'altitude. Il ne reste de la forteresse que quelques tours et murailles posées sur la montagne, mais le paysage qui l'entoure donne l'impression d'être arrivé au bout du monde.
Scanno descend en cascade le long de la montagne. Ses escaliers, ses passages et ses silhouettes ont attiré certains des grands photographes du XXe siècle.
Pacentro regarde la vallée depuis ses tours. Pescocostanzo cache derrière ses façades de pierre un patrimoine Renaissance inattendu. Civitella del Tronto conserve l'une des grandes forteresses d'Italie. À Castelli, la terre des montagnes devient céramique entre les mains des artisans.
Ce ne sont pas des villages transformés en décors.
On y croise encore quelqu'un qui rentre ses courses, des enfants sur une place, une porte ouverte sur un atelier, quelques chaises sorties devant une maison.
Et parfois, il ne se passe absolument rien.
C'est aussi pour cela que l'on vient.
Des kilomètres de sable pour les journées qui ne demandent aucun programme
Puis la montagne finit par laisser apparaître une ligne bleue.
L'Adriatique.
Au nord de la région, autour de Martinsicuro, Alba Adriatica, Giulianova, Roseto degli Abruzzi ou Pineto, elle est bordée de longues et larges plages de sable fin.
Ce sont les journées faciles des Abruzzes.
Celles où l'on pose les serviettes le matin sans vraiment savoir à quelle heure on repartira.
La mer descend doucement, les plages offrent de l'espace et les établissements balnéaires sont souvent pensés comme de véritables lieux de vie. Aires de jeux pour les plus petits, terrains de beach-volley, beach-tennis ou padel pour les plus grands, restaurants, glaciers, promenades et pistes cyclables : chacun peut vivre sa journée à son rythme.
Les enfants jouent. Les adolescents disparaissent sur un terrain. Les parents commandent un café.
Et personne n'a besoin de reprendre la voiture.
Puis la côte devient sauvage
En descendant vers le sud, le paysage change.
Les grandes plages laissent progressivement place aux falaises, aux petites criques et à une étrange silhouette que l'on ne rencontre presque nulle part ailleurs.
Les trabocchi.
Ces constructions de bois avancent au-dessus de l'Adriatique sur de longues passerelles, leurs bras tendus vers la mer pour soutenir les anciens filets de pêche.
Certaines continuent de raconter cette histoire. D'autres sont devenues des restaurants où l'on dîne au-dessus de l'eau, entouré par la mer.
À terre, l'ancienne voie ferrée est devenue la Via Verde. On peut désormais suivre la Costa dei Trabocchi à vélo, s'arrêter devant une crique, repartir, déjeuner face à la mer et continuer quelques kilomètres plus loin.
Puis vient Punta Aderci.
Plus de rangées de parasols. Une réserve naturelle, des collines qui descendent vers l'eau et, certains jours, cette sensation délicieuse d'avoir trouvé un morceau de côte italienne que personne n'a encore vraiment domestiqué.
L'hiver, regarder la mer depuis les pistes
Lorsque la neige arrive, les Abruzzes changent encore de visage.
Roccaraso, Ovindoli, Campo Felice, Passolanciano-Majelletta, Prati di Tivo : la région compte plusieurs stations et domaines où l'on pratique le ski, les raquettes et les activités de montagne.
Mais ici aussi, la géographie réserve une surprise.
Parce que les Apennins s'élèvent très près de l'Adriatique, certains panoramas réunissent deux paysages que l'on imagine rarement ensemble.
La neige sous les skis. La mer à l'horizon.
Du côté de la Majelletta notamment, lorsque le ciel est parfaitement dégagé, le regard peut quitter les sommets enneigés et descendre jusqu'au bleu de l'Adriatique.
Quelques dizaines de kilomètres seulement les séparent.
Au printemps, la neige disparaît. Les pistes redeviennent prairies et chemins. Les chaussures de ski laissent place aux chaussures de randonnée, aux vélos et aux chevaux.
La montagne ne ferme jamais vraiment.
Elle change simplement de saison.
Une cuisine qui raconte le paysage
Dans les Abruzzes, on pourrait presque deviner où l'on se trouve en regardant son assiette.
Dans les montagnes, les arrosticini cuisent alignés au-dessus des braises. Ces petites brochettes de viande de brebis racontent des siècles de pastoralisme et se mangent encore simplement, avec les doigts et quelques tranches de pain.
Les maccheroni alla chitarra sont découpés sur un cadre tendu de fils métalliques ressemblant aux cordes d'une guitare.
À Navelli, lorsque l'automne arrive, de petites fleurs violettes apparaissent dans les champs. Il faut les cueillir une à une pour récupérer quelques filaments rouges : le safran.
À Sulmona, les amandes deviennent des bouquets de confetti colorés.
Puis on descend vers la mer et l'assiette change encore.
Poissons de l'Adriatique, brodetto, huile d'olive, Montepulciano d'Abruzzo... jusqu'à ces repas pris sur un trabocco, lorsque la table semble flotter au-dessus de l'eau.
La cuisine des Abruzzes n'a pas été inventée pour les voyageurs.
Elle raconte simplement ce que les habitants avaient autour d'eux : la montagne, les troupeaux, les champs et la mer.
Une Italie où l'on peut encore se perdre un peu
Les Abruzzes possèdent leurs lieux incontournables.
Mais leur véritable richesse se trouve peut-être entre eux.
Une route qui traverse un plateau sans croiser personne. Une petite église au bout d'un village. Une cascade cachée dans une forêt. Un producteur qui ouvre sa porte. Une trattoria que l'on n'avait pas prévue. Un virage après lequel apparaît soudain le Gran Sasso.
Ici, le voyage n'a pas besoin d'être parfaitement organisé pour être réussi.
On peut marcher, pédaler, monter à cheval, skier, observer les animaux, passer la journée sur une plage ou simplement prendre une route parce qu'elle semble belle.
Les Abruzzes offrent encore ce luxe devenu rare dans certaines régions d'Italie :
la possibilité d'être surpris.
La montagne le matin, la mer le soir
Voilà peut-être pourquoi il faut visiter les Abruzzes.
Parce qu'ici, les vacances ne vous obligent pas à choisir.
Entre une randonnée et une journée à la plage.
Entre les enfants et les envies des adultes.
Entre un village médiéval et un après-midi les pieds dans l'eau.
Entre le silence des montagnes et l'animation d'une station balnéaire.
Entre l'aventure et les vacances faciles.
On peut boire son café face au Gran Sasso le matin, traverser un village de pierre à midi et regarder le soleil descendre sur l'Adriatique le soir.
Et l'hiver venu, il arrive même que la montagne et la mer tiennent ensemble dans un seul regard.
C'est toute la magie des Abruzzes.
Une Italie entre mer et montagne, où l'on peut encore avoir les deux.