Blog · 11 août 2026

Pourquoi y a-t-il autant de châteaux dans les Abruzzes ?

Rocche accrochées aux montagnes, tours dominant les vallées, villages fortifiés : dans les Abruzzes, le Moyen Âge semble parfois n'avoir jamais vraiment quitté le paysage. Voici pourquoi.

Illustration de trois enfants face à Rocca Calascio, perchée sur son éperon rocheux à 1460 m d'altitude, entourée des montagnes des Abruzzes.

Rocche accrochées aux montagnes, tours dominant les vallées, villages fortifiés et châteaux surgissant au sommet d'un éperon rocheux : dans les Abruzzes, le Moyen Âge semble parfois n'avoir jamais vraiment quitté le paysage.

On en aperçoit depuis la route. On en découvre au détour d'un borgo. Certains ne sont plus que quelques murs envahis par la végétation. D'autres, comme Rocca Calascio ou Roccascalegna, semblent avoir été construits pour un décor de cinéma.

Mais pourquoi les Abruzzes en comptent-elles autant ?

La réponse tient en grande partie à ce que l'on voit encore aujourd'hui : les montagnes.

Une région où la géographie imposait de se défendre

Avant les routes modernes, traverser les Abruzzes n'avait évidemment rien à voir avec aujourd'hui.

Les Apennins découpent le territoire en vallées, plateaux et passages naturels. Entre les montagnes circulaient des hommes, des troupeaux et des marchandises.

Contrôler un passage avait donc une importance considérable.

Et pour surveiller un territoire, quoi de mieux que de s'installer là-haut ?

Sur un promontoire, une tour permettait d'apercevoir l'arrivée d'hommes bien avant qu'ils atteignent le village. Une fortification pouvait protéger une population, contrôler une vallée ou sécuriser une voie de communication.

C'est ainsi que le relief abruzzais est progressivement devenu un formidable échiquier défensif.

L'incastellamento : quand les populations montent vers les hauteurs

À partir du haut Moyen Âge, une grande partie de l'Italie centrale connaît un phénomène que les historiens appellent l'incastellamento.

Le mot vient de castello, mais il ne faut pas imaginer immédiatement le château de princesse entouré de douves.

Il s'agit plutôt d'un mouvement de regroupement des populations autour de sites fortifiés.

Dans un monde politiquement fragmenté et souvent instable, vivre derrière des murailles ou à proximité d'une fortification présente un avantage évident.

On construit sur les hauteurs.

On fortifie.

Des villages se développent autour des châteaux.

D'autres deviennent eux-mêmes des borghi fortificati, protégés par leurs murailles et leurs portes.

C'est l'une des raisons pour lesquelles, aujourd'hui encore, tant de villages des Abruzzes semblent littéralement posés au sommet des montagnes.

Castello, rocca, fortezza… tous les châteaux ne sont pas des châteaux

C'est aussi ce qui rend leur découverte passionnante.

En français, nous avons tendance à mettre tout cela sous le mot « château ». En Italie, les noms donnent déjà quelques indices.

Une rocca est avant tout une place forte. Elle est pensée pour défendre et surveiller. La spectaculaire Rocca Calascio, perchée à près de 1 500 mètres d'altitude, en est probablement l'exemple le plus célèbre.

Un castello peut lui aussi avoir une fonction militaire, mais certains deviennent progressivement des lieux de pouvoir et des résidences seigneuriales. À Celano, le Castello Piccolomini raconte parfaitement cette évolution.

Une fortezza appartient encore à un autre univers : celui des grandes fortifications militaires, des bastions, des garnisons et des sièges. Civitella del Tronto en est l'un des exemples les plus impressionnants.

Et puis il reste les tours, les murailles et les villages fortifiés.

Autrement dit : compter les « châteaux » des Abruzzes dépend énormément de ce que l'on décide de compter.

Les chiffres spectaculaires que l'on voit parfois circuler doivent donc être pris avec prudence.

Ce qui est certain, en revanche, c'est que les traces de cette histoire fortifiée sont partout.

Des châteaux pour surveiller les routes… et les troupeaux

Il y a un autre élément essentiel pour comprendre les Abruzzes : la transhumance.

Pendant des siècles, d'immenses troupeaux ont quitté les pâturages des montagnes lorsque l'hiver approchait pour rejoindre les plaines plus douces du sud de l'Italie, avant de refaire le chemin inverse.

Ils empruntaient de larges voies pastorales : les tratturi.

Ce déplacement représentait une véritable économie.

Des hommes voyageaient. Des animaux circulaient. Des marchandises s'échangeaient. Des droits étaient perçus.

Surveiller certains territoires et voies de passage avait donc aussi une valeur économique.

À Rocca Calascio, cette relation entre forteresse, territoire pastoral et voies de communication devient presque évidente lorsqu'on regarde le paysage.

Il suffit de monter jusqu'à la rocca et de tourner sur soi-même.

On voit incroyablement loin.

Et soudain, mille ans d'histoire deviennent beaucoup plus faciles à comprendre.

Rocca Calascio : surveiller le monde depuis 1 460 mètres

C'est sans doute l'image la plus spectaculaire des châteaux des Abruzzes.

Une forteresse minérale, presque seule face aux montagnes.

Rocca Calascio est née autour d'une tour de surveillance médiévale avant d'être agrandie et transformée au cours des siècles.

Mais ce qui fascine aujourd'hui n'est pas seulement son architecture.

C'est sa position.

Une fois là-haut, posez simplement cette question aux enfants :

« Si vous étiez chargés de protéger cette vallée, par où l'ennemi pourrait-il arriver sans que vous le voyiez ? »

Ils commencent à regarder les montagnes autrement.

Le château cesse d'être une vieille pierre.

Il redevient un poste d'observation.

Roccascalegna : construire là où personne ne devrait pouvoir construire

Puis il y a Roccascalegna.

Ici, la première question est différente : comment ont-ils réussi à construire un château là-dessus ?

Le Castello di Roccascalegna épouse un impressionnant éperon rocheux qui domine le village.

Tours, murailles et roche semblent presque ne former qu'une seule construction.

C'est peut-être l'une des meilleures illustrations de la manière dont les bâtisseurs utilisaient le relief lui-même comme système défensif.

Et c'est certainement l'un des châteaux les plus photogéniques des Abruzzes.

Celano : le château dont rêvent les petits chevaliers

Celano offre une autre expérience.

Quatre grandes tours. Des murailles. Des créneaux. Une cour.

Le Castello Piccolomini ressemble beaucoup plus au château médiéval que l'on dessine enfant.

Sa construction débute à la fin du XIVe siècle et son architecture évolue ensuite, notamment sous les Piccolomini au XVe siècle.

La forteresse devient aussi résidence seigneuriale.

On ne raconte donc plus seulement comment on défendait un territoire.

On peut commencer à imaginer comment on vivait derrière ces murs.

Civitella del Tronto : quand le château devient forteresse

Et puis, à Civitella del Tronto, on change encore d'époque et d'échelle.

La fortification domine le paysage avec ses remparts, ses places d'armes et ses structures militaires.

Ici, on peut parler de soldats, de canons, de sièges et de frontières.

C'est aussi ce qui rend un voyage à travers les châteaux des Abruzzes beaucoup plus intéressant qu'une succession de visites : chaque monument raconte une étape différente de l'histoire du territoire.

Il reste combien de châteaux dans les Abruzzes ?

La question paraît simple. Elle ne l'est pas.

Faut-il compter :

Plutôt que d'annoncer un nombre spectaculaire mais difficilement vérifiable, Destination Abruzzes préfère vous proposer de partir à leur recherche.

Parce qu'ils sont nombreux. Et surtout incroyablement différents.

Certains nécessitent une petite marche. D'autres se visitent facilement avec des enfants. Certains offrent un panorama exceptionnel.

Quelques-uns racontent des légendes. D'autres ont servi de décors de cinéma.

Et parfois, les quelques pierres qui subsistent sont justement celles qui racontent la plus belle histoire.

À vos petits chevaliers !

Visiter un château avec des enfants ne devrait pas forcément commencer par une date inscrite sur un panneau.

Commencez plutôt par une mission.

Les Abruzzes deviennent alors un immense terrain d'aventure.

Vos enfants aussi peuvent partir à la conquête des Castelli

Missions sur place, quiz et blason à débloquer à chaque château conquis : 19 forteresses des Abruzzes vous attendent dans l'Aventure des Castelli.

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De Rocca Calascio à Roccascalegna, de Celano à Civitella del Tronto, nous allons progressivement retrouver les plus belles rocche, castelli et fortezze de la région.

Avec leur histoire, bien sûr.

Mais aussi le temps de marche, l'âge idéal des enfants, la difficulté d'accès, les plus beaux points de vue, les légendes, les endroits où pique-niquer et ce qu'il y a à découvrir autour.

Parce qu'ici, on ne va pas simplement visiter des vieilles pierres.

On part à la conquête des Castelli d'Abruzzo.

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